Bertrand Delanoë au JDD :
« Mes cinq priorités pour le PS »
8 janvier 2011
On célèbre les 15 ans de la mort de François Mitterrand. Que reste-t-il de ses deux septennats ?
Je ressens une immense gratitude et beaucoup d’affection pour François Mitterrand. Il aimait passionnément la France, il était devenu authentiquement de gauche. Et pour bien servir la gauche, il faut d’abord vouloir servir son pays. Il a su entendre les Français. Il a toujours voulu dépasser les individualismes, et il ne s’est jamais découragé. Il a, à travers l’unité des forces progressistes, fait en sorte que la majorité politique du peuple français s’identifie enfin à sa majorité sociale. Au pouvoir, il n’a pas tout réussi – je me souviens qu’il disait «sur le chômage on a tout essayé»- mais il a été grand en abolissant la peine de mort, en donnant de la force à l’Europe… François Mitterrand regardait la France, il ne regardait pas son miroir. On a dit qu’il avait le sens du temps, il avait surtout le sens de l’Histoire.
En 1981, le PS avait un chef, aujourd’hui ce n’est pas le cas…
Le Parti socialiste a aujourd’hui un chef incontestable, c’est sa première secrétaire. Les primaires permettront de désigner notre candidat. Il n’y a aucun drame à craindre si nous sommes sérieux, collectifs, généreux et ambitieux.
La première secrétaire doit-elle être la candidate en 2012 ?
Il s’agit pour elle d’une décision personnelle. Je note que lorsque nous avons gagné contre la droite en 1981 et en 1997, c’est bien le premier secrétaire du PS qui conduisait la bataille. Mais je me prononcerai quand les candidats seront déclarés. Car il ne faudrait pas, dans les mois qui viennent, nous détourner de l’essentiel. Avant de désigner une personne, il faudra d’abord définir une stratégie qui permette le rassemblement au service de choix assumés. Si nous ne faisons pas tout ce qui dépend de nous pour gagner en 2012, nous serons coupables. Et pour gagner, nous devons conquérir une triple crédibilité : politique, économique, et démocratique. C’est la condition de la victoire.
Avez-vous abandonné toute ambition nationale?
On ne peut pas être un acteur politique sans un engagement et une ambition pour son pays. Mais il faut que cette ambition soit en adéquation avec le temps. Personnellement, si j’étais en situation, je n’hésiterais pas à prendre mes responsabilités.
Dominique Strauss-Kahn est-il un homme de gauche?
Oui.
Est-il bien placé pour comprendre les Français et conduire la bataille présidentielle?
Le moment n’est pas venu de disserter sur les points forts et les points faibles des candidats à la candidature que je ne connais pas encore. Mais quel que soit le candidat, il faudra un projet réellement de gauche, réellement moderne et efficace. Il faudra rendre possible ce qui est indispensable.
Quel projet doit proposer le PS en 2011?
Le PS doit consacrer l’année à installer fortement de la confiance dans cette période de crise, de doutes, de souffrance sociale, mais aussi de perte de repères. Pour cela, il doit, dans le premier semestre 2011, fixer ses priorités et clarifier les moyens. Pour ma part, je vois cinq priorités pour redresser la France: 1. l’innovation au service de la croissance écologique, donc de l’emploi 2. l’éducation 3. la santé 4. le logement 5. la sécurité et la justice. Pour ces cinq objectifs majeurs il faut des moyens, il faut restaurer l’efficacité de l’intervention publique, mettre le paquet sur quelques priorités identifiées. On ne peut pas tout faire.
Manuel Valls est-il bien inspiré quand il réclame le déverrouillage des 35 heures?
Les 35 heures sont un acquis pour les salariés et leur remise en cause n’apporterait rien à la dynamique économique de notre pays. Si nous allons aux primaires en étant inspirés par les Français, alors les candidats seront bons. Le but n’est pas de faire parler de soi. Si après vous avoir parlé, je me dis «j’ai fait plaisir à la droite et porté un mauvais coup à la gauche», je penserais que j’ai raté cet interview.
Vous fêterez cette année les dix ans de votre élection à la mairie de Paris. Mais 2010 s’est terminée par une série de polémiques. Certains parlent d’une «ambiance de fin de règne»…
Face aux campagnes de calomnies, il faut prendre un peu de hauteur et surtout agir. Tout au long de cette période, j’étais à l’épreuve, mais serein et combatif. Pendant ce temps, tous nos projets ont continué d’avancer. Paris est une ville en mouvement, qui connaît certes des difficultés, mais qui produit 10% de la richesse nationale. Notre ville a gagné 86.000 habitants en neuf ans, alors que, dans les quinze années précédentes, elle en avait perdu 170.000.
Les classes moyennes peuvent-elles encore se loger à Paris?
Paris est une ville extrêmement attractive, au territoire limité (105 km2), confrontée à une spéculation immobilière effrénée: le prix du m² à l’achat a augmenté de 36% en cinq ans et les loyers ont doublé en dix ans. C’est pourquoi je suis resté tenace sur le financement du logement social. On est déjà à plus de 50.000 logements sociaux financés sur les 70.000 prévus entre 2001 et 2014. Et nous atteindrons les 20% de logements sociaux à Paris dès 2014, avec six ans d’avance sur les échéances fixées par la loi SRU. J’ai aussi développé l’accession à la propriété: 14.600 familles ont pu acheter à Paris grâce au prêt à taux zéro municipal.
Le maire que vous êtes est-il impuissant face à la flambée des prix de l’immobilier?
Je ne sous-estime pas les difficultés de se loger à Paris. Nous avons déjà beaucoup agi. Savez-vous que lorsque l’Etat met un euro pour le logement social dans les Hauts de Seine, le département met un euro; quand l’Etat met un euro à Paris, nous en mettons quatre! C’est la preuve de notre volonté. Cela dit, je ne dispose pas des pouvoirs réglementaires et législatifs, ni de la propriété des terrains de l’Etat. C’est pourquoi j’ai adressé une lettre mercredi au Premier ministre.
Qu’attendez-vous du gouvernement en matière de logement?
Je fais trois propositions précises à François Fillon. 1. Que l’Etat accompagne la dynamique de Paris sur le logement social: nous y consacrons chaque année 450 M€, le record de toutes les collectivités locales; l’Etat ne doit pas réduire sa part qui est de 120 M€. 2. Que l’Etat nous autorise, par voie réglementaire et législative, une expérimentation parisienne d’encadrement des loyers, à la première location ou au changement de locataire ; je suggère d’ailleurs à la gauche d’en faire un élément de son programme national. 3. Que l’Etat nous vende des terrains qui lui appartiennent, afin de construire 6200 logements supplémentaires d’ici 2014. En élargissant l’offre, nous pourrons desserrer l’étau. Je souhaite que ces décisions interviennent dans le premier trimestre 2011.
Votre succession est déjà ouverte pour les municipales de 2014. Ne regrettez-vous pas d’avoir annoncé trop tôt votre intention de ne ne pas faire un 3e mandat?
Mais dans quelle société démocratique vivons-nous? Les politiques et les commentateurs passent leur temps à contester le cumul des mandats. Pour ma part, en toute cohérence, le jour même de mon élection en 2001, j’ai quitté le Sénat. Et je pense qu’il faut aussi éviter le cumul dans le temps. Quand j’annonce aux Parisiens qu’après 13 ans je ne me représenterai pas, cela ne les angoisse absolument pas… contrairement au petit milieu politico-médiatique.
Mais la compétition a déjà commencé dans votre camp…
La compétition, je la vois surtout entre des personnalités de droite, qui exacerbent leur envie de revanche, mais ne portent aucune idée. La droite parisienne a perdu en 2001 parce qu’elle avait une vision datée pour Paris et qu’elle était divisée sur des enjeux de pouvoir. Dix ans après, ce diagnostic sur la droite parisienne est exactement le même. Chez nous, je constate une plus grande sérénité et une meilleure concentration sur les idées.
La gauche ferait-elle le poids face à une éventuelle une candidature de François Fillon à Paris?
Le temps où Paris était considéré comme un tremplin qui servait une carrière nationale est révolu. Les Parisiens, comme les Lyonnais, les Marseillais ou les Bordelais, veulent un maire pour eux, qui a une ambition suprême: servir sa ville. Quant au Premier ministre pour lequel j’ai du respect, je ne sais pas s’il a l’intention d’être candidat; je voudrais simplement informer les Parisiens que la dette de l’Etat envers Paris s’est accrue de 220 M€ depuis 2007.
Qu’allez-vous faire en 2014 ?
Vivre. Je n’ai pas de plan de carrière et je n’ai aucune angoisse. Vous savez, je suis un des rares politiques à avoir choisi -à 35 ans, alors que j’étais numéro trois du PS- d’aller travailler dans le privé. Je suis un homme libre. Et bien sûr je vais m’engager totalement pour que la gauche gagne en 2012.
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Bonjour,c’est pas pour rien que FEU Mitterrand vous a choisi et mis sur selle,peut par la force du destin vous serrez obliger a tanté votre chance.vous avez beaucoup sacrifié,il est temps de se réveillé.cordialement
Vous êtes recensé sur http://cap2012.blogspot.com – Bonne Année à vous, SK
Je suis très satisfait de vos réponses et cela ne fait que renforcer le soutient que je porte au groupe socialiste. Et, je comprends maintenant les problèmes auxquels vous êtes confrontés quant au financement de tous les projets ambitieux que vous et votre équipe municipale avez pour les parisiens. Je ne peux donc que vous en féliciter et vous encourager à rester sur ce cap, car je crois que la majorité des parisiens savent votre volonté d’améliorer leur condition de vie à la différence de l’état qui s’en intéresse pas en ne contribuant pas à hauteur de ce qu’il devrait verser à la municipalité: C’est une manière d’entraver à votre mission dans le but de vous discréditer aux yeux des parisiens pendant que les départements des hauts de seine sont chouchoutés. Très bon courage à vous et votre équipe municipale et que DIEU vous bénisse pour votre travail.
Alors que rythmées par des demi-décennies, se profilent des échéances politiques, sur quoi positionner le curseur qui va forger pour le XXIème siècle un nouveau socle pour notre vieux pays ?
- sur l’idée de nation ?
- sur l’économique ?
- sur le social ?
- sur le pacte républicain ?
- sur l’europe ?
- sur l’internationalisme ?
Si le constat de l’enarque Nicolas Baverez se révèle exact, comment arrêter le déclin, comment exister face à l’hyperpuissance américaine et au BRIC ?
Poser la question, c’est déjà avancer d’un premier pas, un pas de tortue qui gagne contre le lièvre s’attardant en cours de route, trop sûr de sa célérité. Pour répondre à cette question, la notion de similitude mathématique est utile.
En effet, entre chacun de ces domaines (nation, économie, social, république, europe, internationalisme), il s’agit d’introduire le respect de la conservation des distances, les coefficients de proportionnalité pouvant varier selon la conjoncture internationale ou intérieure mais le système devant toujours se maintenir autour du barycentre c’est à dire du centre de gravité de l’histoire, des territoires, des femmes et des hommes qui font la grandeur immémorielle de notre pays depuis Clovis.
En tant que socialiste, je mettrais plutôt à dessein le curseur sur le triptyque : république, social et internationalisme (coopération avec les pays pauvres).
Très éloigné de la pensée unique, cet axe de révolution permettra de repositionner la France sur la scène internationale et de propager son message universaliste, tout en arrimant les autres valeurs (nation, économie, europe) à ce formidable retour aux sources d’un message porté par tout le peuple, celui de 1789, de 1936, de la Résistance et de la Libération ainsi que de 1981.
Quel parti a un plan de santé mentale digne de ce nom…
La schizophrénie hallucinatoire mère de toutes les religions.
Dieu a dit ; mais à qui l’a-t-il dit ?
http://maurice.champion20.pagesperso-orange.fr/Mais-a-qui-l-a-t-il-dit.htm
Hallucinant oui !!!
Peut-être qu’un jour la terre deviendra ronde.
pour construire des logements sociaux et y loger encore des togolais et des maliens ?????????????????????
Vous vous foutez vraiment du monde.
Vivement que le PS soit dégagé de Paris rapidement.
Vous êtres d’une nullité sans nom.
Votre bilan est dégeulasse (classes populaires moyennes chassées de Paris, insécurité, transports, hausse des impôts, clientélisme, rues de plus en plus sales).
Dire que vous vous décriviez comme qqn représentant l’intégrité et la morale …
Communautarisme auprès des islamistes…
Hypocrisie sans limite
aucun déplacement sur le terrain, etc et vous prétendez donner des leçons.
Vous êtrs tunisien ou français ?
Delanoé ou l’art de se faire reluire avec le boulot, les engagements, le courage des autres….
Quel opportuniste!